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Article F3 : Tous les mêmes et tous différents : la dynamique du type

La vie est multiple

Les gènes sont le code génétique d'un être vivant. Ils permettent notamment de définir l'aspect physique des individus. Deux êtres humains, issus de familles différentes, ont des gènes identiques à 99,9%. Cette base commune forme une espèce animale : l'espèce humaine (à titre de compraison, les gènes des humains et ceux des bonobos sont identiques à 98,7%. Nous sommes proches mais clairement pas identiques !). Mais même avec 99,9% de gènes identiques, on observe de grosses différences physiques entre les êtres humains : il existe des hommes, des femmes, des blancs, des noirs, des blonds, des bruns, des grands, des petits, et toutes les variations possibles.

Pour les types de personnalité, c'est pareil. Dans un groupe de personnes de même type MBTI, il y a de très nombreuses variations possibles de personnalité, bien que toutes bâties sur la même base.

Certaines personnes rejettent le MBTI car elles considèrent qu'elles ne peuvent pas être résumées à un type de personnalité, et aimeraient donc croire qu'elles peuvent changer de type au cours de leur vie. C'est une erreur de penser cela et c'est pourquoi j'aimerais expliquer la notion de dynamique du type dans cet article.

 

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La dynamique du type MBTI

La dynamique du type est la manière dont un individu développe ses fonctions jungiennes au cours du temps.

La fonction dominante se développe très tôt dans la petite enfance et guide l'enfant dans son apprentissage précoce. Il l'utilisera instinctivement pour apprendre dans les premières années de sa vie, jusqu'à ce qu'elle ne lui suffise plus. L'enfant finit par rencontrer de nouveaux types de problèmes à résoudre pour lesquels il ne pourra se reposer ni sur sa fonction dominante ni sur ses parents. Il va alors développer sa fonction auxiliaire pour l'aider dans cette tâche. L'enfant, vers 6 ou 7 ans, utilise alors ses deux premières fonctions jungiennes, une fonction de perception et une de jugement, et possède donc son type MBTI. C'est d'ailleurs à 7 ans qu'est arbitrairement définie la notion d'âge de raison chez un enfant. Coïncidence ? Je ne pense pas ;-)

 

L'importance des fonctions jungiennes opposées

L'introduction aux fonctions jungiennes que j'ai rédigée reste concentrée sur les 2 premières fonctions d'un individu. Il faut pourtant savoir que nous pouvons tous utiliser chacune des 8 fonctions existantes, bien que certaines viennent avec plus de facilité que d'autres. Chaque fonction jungienne fonctionne en réalité de pair avec sa fonction jungienne opposée, comme les deux faces d'une même pièce :

- Ne / Si (intuition extravertie et sensation introvertie)
- Se / Ni (sensation extravertie et intuition introvertie)
- Te / Fi (pensée extravertie et sentiment introverti)
- Fe / Ti (sentiment extraverti et pensée introvertie)

Prenons l'exemple de la paire Ne/Si : avoir de nouvelles idées en permanence est une superbe qualité mais pour en tirer le maximum il est important de prendre le temps de les comparer à celles qui ont déjà été mises en oeuvre dans le passé. Cela permet de mieux évaluer les conséquences de chacune de ces idées nouvelles et de choisir ensuite les plus adaptées, grâce à la fonction de jugement possédée par ailleurs.

De la même manière, il est nécessaire pour un individu de ne pas baser ses choix uniquement sur ses sentiments mais aussi d'utiliser une forme de logique ; récupérer les informations uniquement par ses impressions et pas du tout par ses sens n'est clairement pas optimisé non plus (comment faire pour se méfier du serpent venimeux qui ondule à quelques centimètres de nos pieds ?) ; la préparation a du bon, mais l'improvisation peut permettre de se sortir des situations imprévues, etc.

Vous avez probablement remarqué que c'est ce que vous faites sans y réfléchir : vous avez une préférence naturelle pour un comportement mais vous savez, lorsqu'il le faut, le contrebalancer par son opposé.

Nous possédons tous une fonction de jugement et une fonction de perception que nous préférons inconsciemment, puis nous avons appris à utiliser leur fonction opposée au cours de notre vie pour faire moins d'erreurs.

 

La dynamique des fonctions opposées

Après avoir appris à utiliser notre fonction dominante dans la petite enfance (même si l'on s'améliore encore toute notre vie dans sa maitrise), puis à utiliser notre fonction auxiliaire, il vient un temps où nous commençons à les contrebalancer de plus en plus souvent au quotidien.

La troisième fonction qui sera développée est appelée fonction tertiaire. Il s'agit de l'opposée de la fonction auxiliaire. Si l'auxiliaire est une fonction de jugement, la fonction tertaire le sera aussi ; si la fonction auxiliaire est une fonction de perception, la fonction tertaire le sera aussi.

La quatrième fonction à se développer est appelée fonction inférieure et est l'opposée de la fonction dominante, elles sont également de même nature.

La fonction tertiaire commence en général à se développer au début de la vie adulte. C'est elle qui permet aux individus de se transformer d'un ado rebelle qui vient de comprendre qui il est en un trentenaire qui sait où il va dans la vie. Le trentenaire réalise en général qu'il a changé depuis ses 20 ans, qu'il s'est assagi par exemple ou qu'il a pris confiance en lui.

La fonction tertiaire se développant plus tard dans la vie, elle restera difficile à maîtriser pour chaque individu et ne se développera jamais aussi bien que les fonctions dominante et auxiliaire même si l'on peut parfois penser le contraire. [Pour compléter ce point, je vous invite à lire l'article sur les boucles que j'écrirai prochainement]

La dernière fonction à apparaitre est la fonction inférieure. La fonction dominante est utilisée depuis toujours par chacun d'entre nous, nous la maîtrisons très bien et nous nous sentons très à l'aise pour l'utiliser. Elle fait souvent partie de notre identité propre et nous en avons conscience. Vous devinez donc que la fonction inférieure sera la plus difficile à développer. Elle est pourtant nécessaire pour arriver à un individu équilibré. Il est rare qu'elle se développe sans qu'on travaille sur le sujet volontairement (alors que cela peut arriver pour la fonction tertiaire), et nous serons probablement toujours mal à l'aise avec son utilisation. Il existe cependant des astuces et des solutions pour travailler cette fonction (mais je vous recommande de travailler d'abord à améliorer vos 3 autres fonctions !).

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Et les circonstances extérieures ?

Certaines circonstances externes peuvent influencer le développement d'une ou plusieurs fonctions jungiennes qui ne font pas partie de notre pile de fonctions de naissance. Par exemple, si une personne devient comptable, elle devra arriver à un certain niveau de rigueur pour réussir ses examens puis ensuite dans son métier. Soit cette personne possède déjà Si et Te en fonctions dominante et auxiliaire (dans un sens ou dans l'autre), soit elle va devoir apprendre à les développer pour s'améliorer dans son métier.

La préexistence d'une préférence personnelle pour sa fonction dominante est peut-être la cause de ce que certains appellent le « don » : un enfant avec un don artistique est peut-être simplement un enfant qui maîtrise Ne et Fi naturellement. On peut cependant imaginer que ce même enfant n'aura pas de don pour la comptabilité ;-)

Ces circonstances peuvent aussi être d'ordre plus personnel. L'éducation peut beaucoup jouer dans l'enfance. Une personne dont la famille proche valorise la logique en tant que valeur, se verra obligée de développer la fonction Ti sur injonction familiale, parfois même avant l'apparition de la fonction auxiliaire. Cependant, elle sera moins naturelle pour la personne concernée, et sera selon toute probabilité laissée de côté dès que cette personne quittera le milieu familial.

Il arrive que certains individus ne puissent pas à identifier facilement leur type pour cette raison. Dans cet exemple « la logique » peut même être intégrée par l'individu comme une valeur constitutive de la famille et donc par ricochet comme une valeur personnelle, et pourtant ne pas du tout être présente dans la pile des fonctions jungiennes de son type de personnalité. Ouvrez l'oeil si jamais vous êtes dans ce cas !

 

Synthèse

Chaque individu affûtera ses fonctions dominante, auxiliaire, tertiaire et inférieure tout au long de sa vie, de manière consciente ou non et de manière linéaire ou non. Il y a de nombreuses facettes à chaque fonction jungienne qui s'expriment différemment dans des contextes différents. La variété des évènements qui peuvent se produire dans une vie et les adaptations que chacun mettra en œuvre pour y faire face garantit que deux personnes d'un même type ne seront jamais identiques en terme de caractère.

Imaginez par exemple comment Ne (l'intuition extravertie) peut être source de la créativité d'un peintre, d'un chercheur scientifique, d'un professeur des écoles ou d'un maçon. Mêmes fonctions, utilisation différente, personnalité distincte !

Si on ajoute à cela les goûts personnels et les valeurs de chacun, cela permet de rendre encore plus évidente la diversité des personnalités dans un groupe d'individus qui partagent le même type MBTI.

Un type est suffisamment vaste pour vous laisser l'opportunité de grandir et de vous développer comme vous le souhaitez à l'intérieur de lui. N'ayez plus peur de vous y sentir enfermé !

 

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